L’UNION DU MAGHREB ARABE
ENTRE LEURRE ET UTOPIE
Par Benouali Abdeldjallil
Tout d’abord je tiens à prévenir le lecteur que je ne suis ni un sociologue, ni un psychologue et encore moins un économiste. Je suis tout simplement un pauvre kidam doué d’une intelligence tout à fait moyenne, ayant accompli dans mon passé beaucoup de métiers tout en ayant pour formation que mon sens de l’observation, de l’assimilation de l’apprentissage par les livres donc en un mot un autodidacte accompli comme il y en a plusieurs millions dans ce monde. Même si ce n’est pas une référence, je peux m’en orgueillir d’avoir assumé des fonctions de directeur régional dans quelques grandes sociétés nationales Algérienne à une époque où l’Algérie se portait beaucoup mieux sur le plan de la morale et de l’étique que maintenant. J’ai même, par le passé avoir était comptable, expert comptable près du tribunal d’Oran et très connu des services fiscaux de la région d’Oran où les vérificateurs se sont toujours étonnés de la qualité irréprochable de mes services puisqu’ils n’ont jamais pris à défaut mes compétences en la matière.
Tout ceci pour me situer comme un algérien lambda pour qui les principes ont toujours compté puisque toute ma vie est et a été basée sous leurs respects stricts puisqu’ils m’ont bercé depuis mon très jeune âge, inculqués par des parents merveilleux, une famille honorable et mes différents instructeurs que ce soit à l’école ou dans le scoutisme. Puisse Dieu le très haut les récompenser pour leur dévouement auquel je suis éternellement reconnaissant.
Encore une fois tout ceci pour dire en définitive que je suis comparable à des centaines de millions d’arabo-berbères toutes nationalités confondues et pour qui la « Fraternité et le bon voisinage » ne sont pas que des mots.
Et j’en viens à mon sujet tout en m’excusant d’avoir été assez prolixe pour situer l’auteur de ce billet.
Est-ce que l’U.M.A. (l’Union du Maghreb Arabe) dont on parle beaucoup en ce moment relève d’une réalité, d’une utopie, d’un leurre ou tout simplement d’une fourberie politique. Il y a eu quelques débats organisés par certaines chaînes de télévisions et nous avons entendu beaucoup dire sur le sujet mais à mon humble avis nous n’avons pas écouté dire l’Essentiel.
Tout d’abord un petit retour en arrière pour mieux situer le sujet.
Qui a été de toujours un élément de blocage à ce noble projet envisagé en 1989 par des dirigeants tous disparus de la scène politique actuelle. Sans risque de me tromper je peux dire que le nœud gordien a été et demeure encore la question du Sahara Marocain.
A l’heure actuelle nous entendons dire par des hautes personnalités politiques que le sujet étant saisi par les instances internationales nous sommes d’accord pour le mettre entre parenthèse afin de discuter d’autres sujets moins épineux et donc plus faciles à conclure. Certes, cette manière de voir est la sagesse même. Mais à conditions que les nations concernées ne sont pas parties prenantes du problème comme le sont le Maroc et l’Algérie. En effet, comment peut-on admettre ce raisonnement sachant que l’Algérie a investi dans ce problème plusieurs centaines de milliards de dollars en entretenant un régime séparatiste en l’occurrence le POLISARIO. Quand on sait que le président de cette république fantoche de cette RASD est payé par l’Algérie au rang d’ambassadeur Algérien, je laisse le soin au lecteur de deviner ce que coûte également à l’Algérie pour payer tout le reste c’est-à-dire tout ce monde qui gravitent autour de ce gouvernement de la RASD et pour équiper celle-ci en matériel de guerre qui est exposé lors de défilés militaires.
Ceci sans compter les sommes non négligeables voir même très importantes versées à des associations ou personnalités parasitaires étrangères pour soutenir cette cause depuis près de quarante années.
L’enfant naturel mis au monde dans le dos du Maroc par feu Kadhafi, langé par Boumediene et entretenu par le système actuel algérien est maintenant adulte puisque, âgé de près de 40 ans est reconnu par quelques dizaine de nations soudoyées par le régime algérien. On ne peut maintenant faire disparaître cet enfants car il ne se laissera pas faire d’une part et puis parce qu’il est devenu la seule question qui vaille pour la diplomatie algérienne. Lorsque feu Ben Arafat avait dit à la naissance de la RASD que Feu Boumédiène avait crée une seconde Palestine, il n’avait pas totalement tort et on voit très bien actuellement la portée de cette réflexion. Compte tenu de cela, ce n’est pas l’Algérie qui acceptera la mise en veilleuse de cette question puisqu’elle demeure le seul sponsor de cette équipe séparatiste et qu’a chaque round de négociations entre le POLISARIO et le MAROC elle est toujours là assise sur le banc de touche tirant toutes les ficelles du match conseillant et finançant son Poulain le POLISARIO.
Alors c’est le Maroc qui lâchera le morceau allait-vous me dire ? JAMAIS au grand Jamais le Maroc n’acceptera cette décision car lui aussi a beaucoup investi en hommes et en moyens financiers pour récupérer un territoire somme toute lui revenant de fait comme de droit.
Dans quelques cas de figure qui soit, aucune décision de cette instance internationale ne sera acceptée par l’une ou l’autre partie. La partie perdante tiendra rancune à l’autre nation pour l’éternité voir pour très très longtemps tellement la décision sera difficile à être acceptée. Difficile dans ce cas de voir la réalisation de cette U.M.A.
Autre point essentiel pour que l’U.M.A puisse se faire c’est l’absence de démocratie dont souffre la presque totalité des parties prenantes et qui sont d’Ouest à l’Est:
LA MAURITANIE où gouverne un président issu d’un coup d’état et consolidé au pouvoir par des élections dont on sait comment elles s’opèrent dans nos nations.
LE MAROC qui malgré l’avancée très spectaculaire sur le plan démocratique imprimée par le souverain Mohammed VI très aimé par la quasi-totalité du peuple marocain est néanmoins chahuté par des mouvements marginaux tels que celui du 20 Février ou celui de l’Adl ouel Ihssan.
L’ALGERIE dont on sait comment les dirigeants sont venus au pouvoir. Coup d’Etat, crimes mafieux et complots ourdis par une nébuleuse militaire qui s’acharne à vider le pays de toutes ces ressources naturelles, financières et humaines. Un pays où la justice a cessé d’être juste et où l’arbitraire fait force de loi. Une justice qui est totalement au service du Pouvoir pour bâillonner tout un peuple. Un peuple a qui on n’a pas hésité à lui faire subir les plus terribles châtiments tels que les massacres odieux de Bentelha et autres et l’élimination physique des ces meilleurs fils. Une Algérie qui présente une démocratie de façade avec un parlement croupion chèrement payé et corrompu par les tenants du pouvoir à qui il doit obéissance et respect au garde-à-vous le petit doigt sur la couture du pantalon.
Pour finir une description très succinct de ce pays, il faut bien rappeler que les gouvernants actuels avaient expulsés d’Algérie, les membres important du régime actuel en Tunisie et continue à abriter sous son toit la famille du tyran libyen après l’avoir longuement soutenu qui, selon certaines informations lui aurait envoyé des armes et de mercenaires ( mobilisés par le POLISARIO).
Lors de la révolution du Jasmin en Tunisie, le président Bouteflika n’avait-il pas envoyé son représentant personnel M. Belkhadem pour lui exprimer dans une déclaration tout le soutien moral et politique qu’elle apportait au dirigeant Bénali.
Quand à la Mauritanie, l’Algérie avait été la dernière nation à l’avoir reconnu l’autorité de M. Mohammed Abdelaziz, l’actuel président sous le prétexte qu’il avait utilisé un moyen non démocratique pour se hisser au sommet du pouvoir.
Quand au Maroc, ont sait toutes les déclarations inconvenantes voir insultantes dites à l’encontre de la Monarchie marocaine accusée de trafiquant d’armes et exportateur de drogue et de mauvaises mœurs et que sait-je d’autre.
LA TUNISIE qui est la seule (pour l’instant) entrée dans le clan de la démocratie par sa révolution du jasmin. Elle est en bonne route mais elle n’est pas totalement arrivée quand ont sait que la démocratie et un très, très long apprentissage des peuples.
LA LYBIE où malgré la mort d’un tyran qui l’a dirigé d’une main de fer pendant plus de 40 années continue encore à s’entredéchirer et où les armes parlent encore et où des vies humaines continuent de tomber.
Compte tenu de tout cela, il est facile d’imaginer le visage des représentants de ces pays quant ils seront à la table des négociations pour jeter les bases de cette future l’U.M.A. Il faudrait une sacré dose de culot pour ne pas avoir à en rougir de tout ce passé nauséabond sachant que nous (les arabos-berbères) notre caractéristique première c’est celle d’être des rancuniers à merveille.
Un point essentiel semble être omis dans les ingrédients que demande cette concrétisation d’une telle union. C’est l’assentiment des peuples.
On se rappelle comment les peuples européens ont exprimé leur adhésion au traité de Nice qui parachevait les instances européennes. Les NON cinglant du Danemark et de la France ont faillit faire capoter tout le mal que se sont donné les gouvernements français, allemand et autres pour arriver à ce point historique dans l’évolution de cette unité européenne. Il a fallu toutes la « filouterie démocratique » de certains dirigeants pour faire entériner ces protocoles rejetés par les Peuples et acceptés par les Parlements.
De plus la construction d’une telle union demande beaucoup de temps. On voit comment l’Union Européenne qui a débuter en réalité en 1967 par la C.E.E pour arriver au point où elle est en ce moment. On voit aussi comment certaines voix des dirigeants européens qui posent la question de « faut-il sortir de la zone Euro ou au contraire y demeurer malgré toute une situation très difficile. On a tendance à croire que ces nations n’ont pas encore traversé toutes les étapes de la réalisation d’une telle Union. En terme plus populaire on peut dire qu’ils n’ont pas encore traversé le gué.
En ce qui nous concernent, avant de chercher des accords irréalisables dans l’Etat actuel des tempéraments des peuples et des dirigeants actuels pourquoi ne pas procéder par des petites étapes plus facilement réalisables comme par exemple :
1°- la réouverture de la frontière algéro-marocaine. C’est la meilleure preuve que l’Algérie pourrait donner pour que l’on puisse croire à sa disponibilité à œuvrer pour cette Union. C’est celle de permettre la libre circulation des personnes d’abord et peut-être plus tard pour des biens. Ceci d’abord en raison de questions humanitaires quand on sait que la situation actuelle pénalise fortement des centaines voire des milliers de familles établies de chaque coté de la frontière. Que s’ouvrent les frontières avec toutes les formalités policières et douanières que nécessite cette libre circulation.
Que les services de Douane, de Gendarmerie et de l’Armée soient déployés tout au long des frontières pour éviter toute infiltration frauduleuse de personne et des biens encore plus la drogue sous toutes ses formes. Il faut noter que malgré cette fermeture de frontière la contrebande n’a jamais été aussi florissante, encouragée et facilitée même très certainement par certains hauts responsables véreux chargés de la surveillance de cette frontière et de son imperméabilité.
Des experts internationaux ont qualifié d’aberrant cette situation qui pénalise les deux pays (l’Algérie et le Maroc) de deux point de taux de croissance. Sachant combien est précieux un seul point de ce taux de croissance pour toute nation qui se respecte, ces deux pays en perdent bêtement deux au détriment du bien être de leurs peuples. On pourrait dire de cette situation actuelle que c’est « l’absurdité du siècle ».
2°-Que des relations commerciales se tissent entre les peuples et se renforcent toujours dans le respect strict des lois de chaque pays. Que des relations culturelles, sociales et professionnelles s’établissent à travers tous ces pays. Que des colloques se tiennent à tour de rôle dans tous ces pays afin de permettre une meilleure circulation des idées et des technologies qui viendront cimenter des relations amicales qui s’établiront entre les peuples.
3°-Plus tard on essayera d’homologuer les divers diplômes universitaires afin de permettre aux jeunes des ces nations d’étudier dans le pays de leur choix. Que des bourses nationales soient allouées aux élèves méritant de ces pays ce qui accentuera un échange dans le domaine du savoir. Que des colonies de vacances scolaires puissent s’échanger entre les nations voisines afin de tisser des liens d’amitiés entre les peuples à travers les jeunes et les moins jeunes.
4°-Sur le plan politique on conclura des accords ou des pactes d’amitiés et de non agression entre les différents états de la région. Cela permettra déjà dans un premier stade de freiner cette course à l’armement qui se fait au détriment des peuples. Tous ces milliards de dollards dépensés dans l’achat d’armes iront à l’avenir dans des dépenses de santé, d’éducation des enfants et du bien être des peuples.
La réalisation de l’U.M.A. est une question très importante et, n’ayant pas peur des mots, n’est pas à notre portée immédiate en raison d’un nationalisme d’un autre âge resté ancré dans la mémoire des peuples maghrébins. Nous sommes très jaloux de nos identités pour accepter de les voire se fondre dans un Maghreb qui ne nous ressemble pas du moins dans l’immédiat alors que beaucoup de facteurs pourraient faciliter cette union telle que notre religion, notre langue, notre histoire et nos économies complémentaires.
Nos générations futures peut-être vivront-elles la concrétisation de cette Union. Quand à celle présente si elle arrive à réaliser le minimum cité plus haut, alors elle aura accompli la part qui lui revient.